Vice présidente du Conseil Economique, Social et Culturel, membre de la Commission des Droits de l’Homme et ex Présidente de l’Association des Femmes Juristes au Tchad, Dr Lamatim est surtout connue pour sa lutte pour la défense et la promotion de droit de la femme et de l’enfant.
Sur la liste des africains qui ont reçu les prix d’exception, figure notamment des médecins, des architectes, des enseignants, des écrivains, des juristes, des cinéastes, des religieux, des chefs d’entreprise et des journalistes dont les actions individuelles témoignent d’un engagement personnel au service de la solidarité, de la francophonie et des valeurs humaines.
Portrait :
En 1991 Dr Lamatim Nadjilengar Hélène et ses collègues créent une Association des Femmes Juristes au Tchad, dont elle sera présidente pendant 15 ans. L’objectif principal de cette organisation était de défendre et promouvoir les droits des femmes et des enfants.
A l’époque, le combat était considéré comme perdu d’avance vu le climat politique et social, auquel ces femmes devaient faire face. D’ailleurs, Dr Lamatim en est témoin, ses diplômes supérieurs en droit et un doctorat en relations internationales en poche n’ont l’avaient pas empêché de rester 5 ans au chaumage. Et pourtant, à l’époque le gouvernement ne représentait que 3 femmes membres et le parlement pas plus de 5.
« Quand nous avons créé l’association certains hommes politiques ont d’abord pensé que leurs postes étaient menacés, avant de réaliser que nous les aidons beaucoup à résoudre les problèmes sociaux et de la bonne gouvernance » affirme Dr Lamatim Nadjingar. « Progressivement, ils ont compris le bien fondé de l’existence de la société civile féminine » ajoute-t-elle.
Cette femme aussi humble que courageuse n’a pas manqué d’opportunité de devenir ministre. A plusieurs reprises elle a toujours refusé d’accéder aux postes politiques qui seraient un obstacle de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Aujourd’hui elle est satisfaite du résultat. Plusieurs associations des femmes ont vu le jour sur toutes l’étendu du pays, parmi elles les associations des femmes entrepreneures, plus de femmes ont accéder aux postes de prises de décision même si leur nombre reste insuffisant.
« Il y a dix ans les femmes voyageaient que dans le cadre familial, mais aujourd’hui nous avons beaucoup de femmes qui voyagent dans le cadre professionnel. Je me rappelle le jour où j’avais laissé mon bébé de 12 mois pour participer à une conférence internationale, ce sont les autres femmes qui me critiquaient me considérant comme irresponsable (…). Une d’entre elles m’a dit qu’un jour je trouverai mes affaires dehors en rentrant du voyage » se confie Dr Lamatim. Mère de 4 enfants elle a su concilier sa carrière professionnelle et ses obligations de femmes au foyer.
Il faut noter que depuis l’existence de l’Association des femmes juristes au Tchad, plus de femmes sortent du silence et dénoncent de plus en plus les violences subies. C’est grâce à vulgarisation des conventions internationales que le Tchad a ratifié, la formation et l’assistance juridique que les femmes bénéficient de la part de l’Organisation.
Le plaidoyer des femmes juristes auprès du gouvernement a fait évoluer les textes qui protègent les femmes et les enfants. La preuve est le projet du code de la famille qui est sur le point d’être adopté malgré plusieurs tentatives de blocages de la part des chefs traditionnels et religieux. Aujourd’hui la loi sur la santé de la reproduction a vu le jour avec la condensation des mutilations génitales faites aux filles. Selon Dr Lamatim c’est en application que ça traîne, la loi n’est pas encore complétée par les mesures sur le terrain. A la campagne, l’accès à l’information reste un problème majeur.